Installer une wallbox dans un parking d’immeuble : est-ce possible ?
Oui, installer une wallbox dans son emplacement de parking en copropriété est aujourd’hui une pratique répandue et tout à fait envisageable. Je l’ai fait moi-même pour remplacer la recharge lente sur une prise domestique et je peux vous assurer que, bien préparé(e), le projet n’est pas insurmontable. Il y a cependant des démarches administratives, des choix techniques et des coûts à anticiper. Dans cet article je vous explique, pas à pas, ce que j’ai appris et ce que vous devez savoir avant de lancer les travaux.
Qui décide ? Le cas de la copropriété
La première question que l’on se pose souvent est : « ai-je besoin d’une autorisation de la copropriété ? » La réponse dépend de la nature des travaux. Si l’installation se limite à votre place privée et ne touche pas aux parties communes (câblage discret depuis votre compteur privatif, support fixé sur le mur jouxtant votre place), alors la plupart du temps vous pouvez procéder après information du syndic. En revanche, si le câble doit traverser des parties communes, si le compteur d’immeuble doit être modifié ou si la puissance demandée nécessite une intervention sur l’installation collective, des décisions collectives peuvent être nécessaires.
En pratique, voici les étapes administratives que j’ai suivies et que je recommande :
Informer le syndic par écrit du projet (description, puissance demandée, devis de l’installateur).Obtenir l’avis technique d’un électricien qualifié — indispensable pour définir l’impact sur l’installation collective.Si les travaux touchent les parties communes, demander la mise à l’ordre du jour de l’assemblée générale ; si les travaux n’affectent pas les parties communes, la plupart du temps seule l’information suffit.Signer une convention avec la copropriété si l’installation nécessite l’utilisation de parties communes (passage de câble, travaux sur tableau commun, etc.).Démarches concrètes : comment je m’y suis pris
Pour mon installation j’ai fait appel à un électricien spécialisé en mobilité électrique. Ensemble nous avons :
Vérifié la puissance disponible sur le compteur et évalué la possibilité de tirer un câble depuis un local technique.Choisi une wallbox adaptée (puissance, connectivité, compatibilité véhicule).Préparé un dossier pour le syndic : plan, notice technique, devis.Signé une convention précisant qui prend en charge la maintenance, le coût du réseau commun et le cas échéant l’indemnisation du préjudice si la box est retirée un jour.Coûts à prévoir (estimations)
Les coûts varient beaucoup selon la configuration. Voici des fourchettes basées sur mon expérience et mes recherches :
| Wallbox (achat) | 500€ — 1 500€ (selon marque et puissance) |
| Pose & raccordement (électricien) | 300€ — 1 800€ (selon distance, complexité, passage en gaine, perçage) |
| Mise à niveau du compteur / travaux sur parties communes | 500€ — 6 000€ (peut être plus si renfort du transformateur ou antenne de distribution) |
| Abonnement EDF / Poste de relèvement | variable — parfois modification d’abonnement nécessaire (quelques dizaines d’euros/mois) |
| Maintenance / assurance | 100€ — 300€/an |
Au total, une installation simple se situe souvent entre 1 000€ et 3 000€, tandis qu’un projet nécessitant des travaux sur l’installation collective peut rapidement grimper.
Choix technique : quelle wallbox choisir ?
Voici les critères que j’ai retenus :
Puissance : 3,7 kW à 22 kW. Pour des recharges nocturnes en étage résidentiel, 7,4 kW (1 phase) suffit généralement. 11 kW ou 22 kW demandent une installation triphasée et plus de puissance disponible.Connectivité : Wi‑Fi ou 4G pour gérer la charge à distance, programmer les heures creuses ou limiter la puissance.Gestion de charge : possibilité d’équilibrage (load balancing) si d’autres bornes sont présentes pour éviter de surdimensionner le compteur.Sécurité : différentiel 30 mA, disjoncteur dédié, conformité aux normes (EN 61851, etc.).Marques : j’ai rencontré des installations avec Tesla Wall Connector, Schneider, Hager, Wallbox ou Zappi. Chaque marque a des avantages : ergonomie, puissance, applications mobiles.Qui paie quoi ? Répartition des coûts
En règle générale :
Le copropriétaire demandant l’installation prend en charge l’achat et la pose de sa wallbox ainsi que les coûts liés à son branchement privé.Si des travaux sur parties communes sont nécessaires (passage de câble, modification tableau), la copropriété peut demander une contribution : parfois le copropriétaire paye la part liée à sa demande et la copropriété prend en charge le reste, ou tout est refacturé au demandeur selon la convention. Tout dépend des règles internes et des décisions en AG.Lors de mon installation, nous avons signé une convention qui précisait que je prenais en charge l’intégralité des travaux mais que la copropriété conservait la propriété des modifications apportées aux parties communes. Cette convention protège les deux parties.
Subventions et aides : à ne pas négliger
Il existe des aides locales et nationales pour faciliter l’installation de bornes : certaines collectivités proposent des subventions, des syndicats d’énergie ou des programmes comme le dispositif « Advenir » pour particuliers/entreprises. Je vous conseille vivement de vérifier :
Les aides de votre mairie ou conseil départemental.Les aides du syndicat d’énergie local (il y a parfois des programmes pour la copropriété).Les offres commerciales des fournisseurs d’énergie ou des installateurs (prises en charge partielles).Questions pratiques souvent posées
Voici quelques-unes des questions que l’on m’a posées le plus souvent autour de ce sujet :
Peut-on retirer la wallbox si on vend le logement ? Oui, mais cela dépend de la convention signée. Prévoyez la clause de retrait et l’état des lieux avant départ.La copropriété peut-elle refuser ? Elle ne peut pas s’opposer sans motif valable si l’installation respecte les règles et ne porte pas atteinte aux parties communes. Cependant, des votes peuvent être requis si des travaux communs sont engagés.Faut-il installer un compteur individuel pour la borne ? Pas obligatoirement, mais c’est recommandé pour facturer précisément la consommation de la borne si le compteur principal est collectif.Quel impact sur l’assurance ? Informez votre assureur : l’ajout d’un équipement électrique peut nécessiter une mise à jour de la police.Derniers conseils pratiques
Pour terminer, quelques conseils tirés de mon expérience :
Choisissez un installateur RGE ou spécialisé en mobilité électrique — cela facilite l’accès aux aides et garantit une pose conforme.Demandez plusieurs devis et comparez non seulement le prix, mais aussi la proposition technique (type de câble, protection, facilité d’accès à la box).Prévoyez la flexibilité pour l’avenir (possibilité d’ajouter une seconde box, gestion de charge, compatibilité avec d’autres véhicules).Documentez tout : courriers au syndic, conventions signées, factures, plans. Cela simplifie la revente ou une évolution future du système.Si vous le souhaitez, je peux vous indiquer une liste d’installateurs ou des modèles de wallbox que j’ai trouvés fiables. Dites-moi aussi si votre situation est particulière (passage de câble long, compteur collectif, emplacement en sous-sol) et je vous aiderai à identifier les points à vérifier.